Seconde édition février 2017

Amours exilées de Godofredo de Oliveira Neto aux édition Envolume

(livraison gratuite)

Parution en librairie : février 2017
280 pages – format 14X21 – Broché couverture à rabats
Prix : 18,90€
ISBN : 978-2-37114-053-0
Traduction de Richard Roux

Chers lecteurs, nos marges bénéficiaires sont plus importantes si vous achetez dans notre librairie en ligne.
Nous avons donc décidé de doubler les droits d’auteurs pour tout achat dans notre boutique
.
Merci pour eux et pour nous.

Le format e-book sera disponible bientôt disponible au prix de 8,00€.

La première édition parue en mars 2016 est épuisée.

Amours exilées

Résumé

Paris, les années 1970. Alors que le Brésil tremble sous le joug de la dictature militaire, Fábio et Lázaro ont fui le pays pour échapper à la torture. Là-bas, le braquage d’une banque – commis au nom de la guérilla – a très mal tourné. Désormais, leur vie d’exilés se partage entre les réunions du comité révolutionnaire et une femme : Muriel. Étrange ménage où la vigueur révolutionnaire cède place à l’amour et la jalousie, où l’empire de la raison capitule devant celui des sens. Bientôt, leur engagement contre le régime les rattrape : à nouveau, on fait appel à eux. Entre passion révolutionnaire et passion charnelle, ils devront choisir.

 

Extrait

À l’heure qu’il est, Muriel doit se prélasser dans son bain moussant. Lazaro savait lui aussi qu’elle aimait bien s’éterniser dans l’eau, allongée sur le ventre, se coupant les cuticules, tout en se déhanchant — comme une sirène remuant la queue. Lazaro l’appelait Muriel-Mélusine, il trouvait que c’était plus mélodieux. Tout en montant les dernières marches avant d’atteindre le goudron et les pavés de la Place d’Italie, les pensées de Fabio Antonio Nunes dos Santos s’enchaînaient : Muriel, bain moussant, révolte populaire, guérilla, exil, identité brésilienne et utopies. Il gravissait les marches deux par deux. S’il tombait sur un compte juste, il changerait radicalement – assez de la lutte armée, assez d’un monde meilleur, désormais je ne vivrai que pour moi. Si, à l’inverse, en arrivant en haut de l’escalier du métro, il lui restait toujours une marche, ce serait différent, le signe qu’il allait être difficile pour lui d’assumer son nouveau projet de vie. Un nombre impair est synonyme de déséquilibre ! Ni l’un ni l’autre. Un nombre impair serait bien sûr synonyme de déséquilibre ! Ce ne fut ni l’un ni l’autre. L’Arabe qui balayait l’escalier et s’apprêtait à fermer les grilles de la station interrompit la trajectoire du rêveur superstitieux et fit capoter le jeu pair-impair.
Fabio rentrait de chez Lazaro, là où aurait dû se tenir une réunion de l’ASL, l’Alliance Socialiste de Libération. Réunion finalement annulée, peu de militants ayant pu s’y rendre. La rencontre s’était transformée en un échange décontracté, grâce aux personnes présentes : Getulio, le portrait craché de l’ancien président Vargas, originaire du Ceara, qui depuis une quinzaine d’années traînait dans les couloirs de la Sorbonne, et deux Algériens, des voisins de Lazaro, sans aucun lien avec le groupe, mais qui – allez savoir pourquoi – fréquentaient les lieux avec assiduité. Peut-être Lazaro les invitait-il pour fuir sa propre solitude ? Malgré l’absence des militants, les réunions dans cet appartement – au septième étage sans ascenseur, en fait une immense chambre divisée en deux, plutôt qu’un véritable appartement – se terminaient souvent en chamailleries, quand ce n’était pas en disputes. Cette fois-ci, ils étaient tous les quatre contre lui. Lazaro – une allure d’empereur africain (un peu maigre pour le rôle, malgré tout !) et une modestie de sacristain — se trouvait toujours des alliés. Que pouvaient donc bien connaître de la culture brésilienne Farida et Khaled ? Un Algérien est-il bien placé pour savoir ce qu’être brésilien ? Deux semi-analphabètes, aliénés en matière politique, et Lazaro les provoquait en plus ! Pour nous, le Brésil c’est Bahia, disaient-ils en regardant le Bahianais, tout en secouant la tête, un geste qui paraissait contredire leur propos. Ils auraient bien voulu passer des vacances sur ces plages du Brésil, il ne leur manquait que les sous ! Pire encore, Lazaro lui-même avait lancé : Tiens, Catarina ! l’an dernier mon équipe a remporté le championnat de Bahia. Et vous ? Est-ce que vous avez au moins une équipe de foot à Florianópolis ? Et Getulio de surenchérir : Tu as une tronche d’Italien du Nord ou d’Autrichien, Fabio, avec tes cheveux châtain clair, raides, tombant sur les épaules, tes yeux bleus, ton visage fin, tu as une tête de Christ tyrolien, c’est ça, un Christ tyrolien, tu n’as pas l’air d’un Brésilien, mon vieux ! Alors que Lazaro et moi, si. Le sosie de Vargas avait entonné sa phrase en éclatant de rire et en bougeant la tête. Il poursuivit : Le Sud, ce n’est pas vraiment le Brésil. Vous avez seulement eu un Lampião et une Maria Bonita , chez vous ? Et le baião de dois et le xaxado , vous avez ça ? Non ? Alors, tu vois bien ! Tout cela était certainement dû au sortilège de Lazaro. Lire la suite

On en parle dans la presse

Critiques dans Le Figaro Littéraire du jeudi 26 mai 2016 :

Le-Figaro

Godofredo de Oliveira Neto

Quelques critiques sur son précédent roman : L’Enfant caché

Le-Figaro
Le jeudi 19 mars 2015
Coups de cœur du Figaro
du jeudi 19 mars 2015
« C’est une histoire
racontée par un Carioca, pleine de bruit et de fureur… »

Godofredo de Oliveira Neto dans le Figaro

LogoLeMonde
« Un livre filmique qui fait penser parfois à Almodovar »

 

GodofredoNeto

Godofredo de Oliveira Neto

Godofredo Neto est né à Blumenau, dans le sud du Brésil. Il est l’auteur de 11 romans à succès dont L’ enfant caché, qui a remporté l’une des statuettes du Prix Jabuti de littérature brésilienne décerné à São Paulo en 2006. L’auteur a vécu longtemps à Paris, lieu du scénario d’un de ses romans, Amours exilés. Il enseigne la littérature brésilienne à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro.
Voir la page Wikipedia en français

Bibliographie : Le roman O Bruxo do Contestado, en 1996, a conduit Godofredo à figurer parmi les noms les plus importants de la littérature brésilienne. Bâti sur trois époques historiques — la guerre du Contestado, la Deuxième Guerre mondiale et la dictature militaire, il a été salué par la critique et étudié dans les universités du pays. Amores exilados, sorti un an plus tard, a pour scénario l’univers des exilés brésiliens à Paris dans les années 70, époque vécue par l’auteur lors de son long séjour dans la capitale française.
Puis Marcelino, un roman très beau et très sensible dont l’histoire se situe dans les années 40. Un jeune pêcheur métis va être victime de la perfidie du gouvernement Getulio Vargas pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Le roman Ana e a margem do rio, présente avec grande habilité toute la mythologie de la forêt amazonienne.
L’enfant caché, oeuvre considérée comme novatrice du point de vue formel, a remporté, en 2006, l’une des statuettes du Prix Jabuti de littérature brésilienne.
Godofredo Neto vient de publier un recueil de nouvelles inspiré de l’écrivain majeur du 19e siècle brésilien, Machado de Assis, et termine Grito, roman qui se déroule de nos jours, à Copacabana et dont le lancement est prévu fin 2015.

webdesigner freelance