L’autre chambre est un livre de lumière, d’une magnificence extrême. Un roman qui doit son nom au plausible. Une autre chambre, où les formes sont dans un garde à vous révélateur. Ces morceaux d’architectures sont authentiques et signent l’œuvre renouvelée par des jours qui éclatent tel le fruit la grenade qui répand ses graines en multitudes. Ils prennent vie sur une contemporanéité qui s’affranchie sans pudeur aucune, confiante de se donner en maturité. Ils sont délivrances et osent chuchoter à l’oreille du lecteur ce que la vie laisse sur le sillon des jours tremblants. Ils sont la symbiose de la féminité dénudée dans son apothéose de déesse qui n’a plus peur du dire. La sincérité y est t- elle qu’elle se risque au mot afin de se renouveler et de s’émanciper dans cet astre de vérité. Ces fragments de vie sont exutoires, souffrances écartelées à l’aube du matin ou dans le creux des nuits. Bouleversants, ils sont les volets claquants face à l’ouragan de l’irréversible. Ils sont les sceaux des souffrances infinies. Et pourtant ! Que la lumière est belle, l’espoir vif dans les lignes de l’auteure. Même si la buée persiste sur les vitres et que les draps cachent ces corps émouvants, les formes sursautent et cherchent le replis qui octroie un peu de paix. D’une richesse verbale hors du commun, souple, ciselée, l’alliage formidable doit son fédérateur langage à l’introspection et aux signes qui laissent sur les corps alloués l’émoi tremblant des mots osés sans craindre l’usure qui ne peut cicatriser. Car le summum est là dans cet alphabet où les illustrations sont en osmose avec les textes d’une époustouflante maîtrise et le lecteur ne se noie jamais. Il est dans le sublime du texte et de l’image.  Ici, résistent les mains qui s’agrippent malgré tout  pour ne pas  sombrer. Les parcours sont femmes écorchées vives contre les barbelés des diktats sociétaux, de ces hommes vautours qui déploient leurs ailes d’aigreur et de soumission pour anéantir et abolir le souffle divin parabole de la femme. Les affres qui martyrisent et font saigner « Trois fois ». Aux vases que l’on balance contre les murs sourds de tout entendement. Ces morceaux de vie sont les lames dans une mer qui engloutissent tout sur leurs passages, toutes les essences existentialistes d’une femme libre dans son apogée. Ils sont lèvres et sang, espoirs et le nihilisme n’y a pourtant pas son port d’attache. Modernes ils sont le kaléidoscope d’une humanité faite femme. Car, tout n’est jamais noir ou blanc. Il y a toujours dans l’antre femme, la résistance face au contre –jour. Il n’y a pas Sisyphe  dans ces lignes et c’est là que réside l’espoir et l’endurance. Le lecteur lit à l’instar d’une lettre qu’il reçoit en héritage porteur. Reflet d’un miroir fêlé, l’ennemi vient de ces chaînes qui creusent des sillons sur les chevilles de ces femmes confondues. Trois Nymphes emmêlées dans l’histoire du temps. Elles sont la cartographie des conséquences, de ces actions qui détruisent tout, tel l’ouragan  évènementiel néfaste et tueur. Il y a la puissance et la grâce, la plénitude maritime dans les prénoms de ces trois sirènes qui telles des lianes se fondent les unes dans les autres, et déploient le pur et l’éclat vermeil des efforts divins pour s’affranchir. Et, c’est cela le sublime de ces textes. Ce qui reste quand le brut devient poli. Trois livres en un. Trois corps siamois qui osent et se risquent à l’armure des sentiments sans sortie de secours. Qui marchent face aux courants d’air et se fraient un passage entre les vents glacés. Ce livre est majeur, formidable. Il brille par ses lignes surdouées, travailleuses d’orfèvre, courageuses et nobles car elles sont l’ultime teneur de L’autre chambre. Celle où l’on est quand on sait que le possible est toujours le  nuancé du désespoir. Ce livre est une main de femme en gestation. Une pépite aux longs cheveux diurnes car la nuit y est clarté. Ce livre est un miracle à l’aube née, les émotions tremblent dans le plein et n’osent jouer dans cette marelle entre ciel et terre. Plus qu’utile, il est l’étendue du désert qui résiste et que la pluie divinise. C’est un roman riche qui fusionne de suite avec le lecteur. Il est osmose entre le masculin le féminin et sa mappemonde est respir. Magistral, intime, tel un journal secret qui s’éveille au monde. Brillant, fort, émouvant, délicat, profond, magnétique, solaire, aérien. Bouleversant il met un manteau de laine sur le froid du dénudé. Métaphorique, il est salvateur. Flamboyance, car chaque mot apporte sa touche sans maquillage. C’est une écriture brodée avec le fil de l’intelligence, de l’art qui doit son nom à l’estime d’une conjugaison mature et précise. « Et puis un jour j’ai disparu. Sous un détail. »Prodigieux, c’est un chef d’œuvre. Ce roman m’a fait pleurer. Utile, il est boussole. Il tient sur le fil du transcendant tel le funambule qui ne peut chuter, tant la grâce est équilibre. C’est un roman où rien n’est laissé sur la route du vide. Le plein est là. Toutes les paraboles sont des ferveurs que le lecteur recueille en chemin pour un après salutaire afin éclairer sa conscience et se risquer enfin au pouvoir du dire.  Culte.