Collection NOIR – Quêtes et enquêtes
dirigée par Pierre Michel Granville

Litanies pour des salauds
Litanies pour des salauds
(Un flic en soutane – Saison 2)

En librairie le 17 octobre 2017
248 pages – Format 14X21 – Broché
Prix : 16,90 €
ISBN : 978-2-37114-054-7

(livraison gratuite)

Nous avons décidé de doubler les droits d’auteurs pour tout achat dans notre boutique, nos marges bénéficiaires étant plus importantes lorsque vous achetez un ouvrage dans notre librairie en ligne.
Merci pour eux et pour nous.

Vos achats sont réalisés grâce à Paypal, mais vous n’êtes pas obligés de vous identifier pour acheter dans notre boutique sécurisée.

Résumé

Le père Jean et le commissaire Marcel, attablés dans le bistrot de Rolande, ont à peine le temps de finir leur entrecôte marchand de vin qu’ils reçoivent un coup de fil de Santinelli ! Ainsi débute une sinistre série : la famille de Chaladon semble en effet maudite. Thérèse,
entraîneuse au Canaries Club, en est la première victime. À l’occasion de la traque haletante du family killer qui sévit à Sarveilles, on découvre un évêché assez peu… catholique. Notre flic en soutane y perdrait son latin ! Et Marcel sa patience…

Si les personnages principaux restent les mêmes d’un polar à l’autre, chaque saison constitue une histoire autonome, qui peut être lue indépendamment des autres.

Le flic en soutane, le père Jean, et son inénarrable acolyte, le commissaire Marcel Durand mènent à nouveau l’enquête. C’est le mariage du Poulpe déguisé en curé traditionaliste et d’un flic promotion Bérurier. Deux belles références que Bernard-Marie Garreau assume avec gourmandise. Il y malmène l’Église, une nouvelle fois, mais elle l’a bien cherchée en s’acoquinant avec des personnalités servaillaises peu recommandables. L’histoire est piquante et la langue irréprochable, où l’argot fait bon ménage avec l’imparfait du subjonctif. Comme le peintre ses tableaux, le romancier signe ses polars en y faisant rouler une vieille auto. Cette fois, c’est une antique Papamobile. Les salauds ne se refusent rien.
Pierre Michel Pranville

La presse a parlé de la saison 1

Voilà un « polar » qui sort de l’ordinaire !!! Truculent et jubilatoire, servi par une écriture littéraire sans être pompeuse
À vos marques… Tapage

La République du centre :

Le Diplôme d’assassin devrait ravir tous les publics, de l’amoureux de San Antonio à l’amateur d’œuvres plus classiques.
Lire la suite

Le Journal de Gien

Une enquête policière haletante donc, mais aussi une histoire d’amitiés entre des personnages pétris de contradictions.
Lire la suite (au format PDF)

Les rendez-vous prévus

Sortie du livre en librairie le 17 octobre 2017.

Vous aurez l’occasion de rencontrer Bernard-Marie Garreau lors de nombreuses signatures qui sont en programmation.

 

 

 

 

Extrait

– C’est Sandra. Enfin, c’est comme ça qu’on l’appelle. En réalité, elle se prénomme Thérèse. Thérèse de Chaladon. C’est la plus vieille. On a fêté ses quarante-deux ans le 28 février.
Elle vide alors le verre, puis s’enveloppe dans son silence.
Vous lui connaissez des ennemis ?
– Ici, on n’a ni amis ni ennemis. On travaille !
Elle nous regarde d’un oeil torve.
– Le reste, chacune se le garde pour soi. Je ne suis pas au courant de sa vie. D’ailleurs, elle n’était pas bavarde !
– Pas de confidente parmi ses… collègues ?
– Pas vraiment. Elle parlait un peu à Fleur.
– Fleur ?
– Oui, l’une de mes employées. Elles ont chacune un surnom. Leurs box sont voisins.
– Vous les avez prévenues ?
– Non, pas encore. Je ne sais pas trop où j’en suis, ni ce que je vais faire, vous savez !
– Elles arrivent à quelle heure ?
– On fait l’ouverture le soir à 9h. Normalement, elles arrivent à 8h30, parfois avant pour donner un dernier coup de rangement. On n’a pas de femme de ménage, ici !
À ce moment, Grandgibus nous rejoint avec sa blouse blanche maculée de sang et son faciès de macchabée. Il a son éternel débris de maïs filtre aux lèvres et parle d’une voix monocorde.
– Vous voulez venir voir, patron ?
Jo Aldemert, un journaliste de France-Soir, suivi par un essaim de plumitifs et autres reporters de radio et de télévision, en profite pour s’introduire avec ses coreligionnaires dans ce qu’il appellera « le funèbre boudoir » dans sa prochaine édition. Caméras en action, mitraillages de flash et prise d’assaut de Marcel, qui se fâche :
– Foutez-moi le camp, bande de mouches à merde !
Mais il est trop tard. La scène macabre, qui va faire la une de tous les tirages du soir et des actualités télévisées de 20 h, est déjà en boîte.
– Une piste, Commissaire ? mendie Aldemert…
– Écoute, Jo, on débarque tout juste, et les interrogatoires ont à peine commencé ! On fera un point de presse demain, je te le promets, mais laisse-nous bosser !
Il faut dire que pour les amateurs de sensationnel, le spectacle n’est pas affriolant. On n’a pas touché à la scène du crime ni au cadavre. Appelons-la Thérèse, puisque c’est son nom officiel. Sur la table basse, sont restées une bouteille de champagne et deux coupes entamées. La banquette râpée, par sa profondeur, s’apparente presque à un canapé dont un ressort épris de liberté commence à s’extraire. L’ex-marchande de rêves est assise, appuyée contre le mur. La tête tient encore miraculeusement sur le tronc. Les ruisseaux de sang qui en ont jailli, partiellement séchés maintenant, couvrent un sein à moitié dénudé et une robe plus que légère. Marcel s’est approché. Je suis resté à l’extérieur du box avec les journaleux qui s’apprêtent à repartir, et contemple la scène de loin.
De son poste d’observation, Madame Andrée m’apostrophe.
– Vous savez, pour l’extrême-onction, c’est un peu tard !
Jo se marre. Il prend une photo de moi, car le public se souvient encore du « flic en soutane » et de son rôle dans l’affaire du collège… Marcel ordonne à Aldemert de décamper avec son Kodak, puis, les parasites ayant débarrassé le plancher, il rejoint Grandgibus dans le box. Apparemment, du haut de son perchoir, l’has never been a repris du poil de la bête. Je me dirige vers elle, tout en justifiant ma présence.
– Je donne un coup de main au commissaire à l’occasion. C’est un ami, et j’étais dans la police avant d’entrer dans les ordres.
Il faut savoir adapter la vérité aux oreilles qui vous écoutent…
– C’est plutôt pas banal ! Mais avec tout ce qu’on voit aujourd’hui ! Et surtout avec tout ce que je vois et entends ici !
– Elle avait de la famille ?
– Je lui ai demandé une fois. Une des rares fois où on discutait. Elle n’a pas voulu en parler. Et puis ça ne me regarde pas !
Marcel revient, l’air préoccupé.
– D’après le toubib, elle a passé l’arme à gauche entre 1h et 3h du matin. Quand avez-vous découvert le corps ?
La reine du poulailler semble hésiter.
– Hier soir, c’était un peu spécial. Comme j’avais la migraine, je suis partie après l’ouverture. j’ai laissé les clés à Nadège, qui était là. Je fais ça, parfois. Nadège, c’est ma nièce. Elle donne un coup de main de temps en temps, pour le service et le reste. Sinon, elle travaille au Printemps, au rayon parfumerie. Elle sait tout faire, Nadège !
– Passez les détails !
La morosité de Madame Andrée est en train de fondre. Comme le glaçon du whisky qu’elle vient de se resservir et sur lequel Marcel louche, bien que ce soit encore l’heure du thé.
– Oui, je comprends, vous avez hâte de conclure ! Bon… Bref ! Ce qui s’est passé, c’est qu’au moment de la fermeture,
Nadège, que je viens d’avoir au téléphone, n’a pas fait attention au box de Sandra. Quand les filles partent, elles tirent le rideau derrière elles. Il n’y en avait donc plus un seul d’ouvert, et je sais qu’elle était pressée puisqu’elle était de Printemps ce matin. Et puis rien n’indiquait que Thérèse était encore là. Et dans quel état ! Aucune raison d’aller vérifier.
La voix éraillée ressemble à une mélopée de chanteuse des rues. Une Piaf qui ne serait jamais devenue Piaf… La main qui tient le verre se met à trembler. Derrière nous, on entend l’équipe de Grandgibus qui range son matériel. Les photos et les empreintes sont prises, les examens de routine terminés. On ne peut plus rien pour la pauvre fille dont on est en train de poser les deux morceaux sur un brancard.
– Voilà ! C’est donc moi qui l’ai découverte à midi en venant faire un tour pour ranger. Par habitude, j’ouvre tous les rideaux pour aérer.
Pour aérer quoi ? On se le demande, puisqu’il n’y a pas de fenêtres !
– Alors, quand j’ai tiré le sien…

 

Bernard-Marie GARREAU

Bernard-Marie Garreau est universitaire et écrivain. Il a publié des essais, notamment une biographie de Marguerite Audoux couronnée par le Prix de l’Essai de la Société des Gens de lettres, ainsi que des romans et des nouvelles. Après Le Diplôme d’assassin, Litanies pour des salauds (Un flic en soutane – Saison 2) poursuit cette série policière où l’humour de l’auteur, son goût pour l’écriture et son sens du récit trouvent leur plein épanouissement.

webdesigner freelance