C-monikNomix20101101Monique Kioulou, auteur de « L’ascenseur abrite un vain secret » dans notre recueil de « Nouvelles dans l’ascenseur », nous décrit son parcours avec ses mots :

« Je suis née à Grenoble et j’ai enseigné dans la région. Deux années de fac à chercher sa voie puis bifurcation vers l’enseignement. Par passion pour la musique pop rock, nous avions monté, des amis et moi une association, Brut de Rock, pour faire entendre quelques groupes en concert mais essentiellement pour danser. Je me suis retrouvée propulsée DJ et j’ai passé de la musique, pop, rock, new-wave, electro, métal-indus, dans des soirées. Je fais un peu de théâtre.
Je n’avais plus repris la plume  depuis une nouvelle écrite pendant l’heure libre d’option français à l’Ecole Normale. J’avais tout dit, pensais-je. J’ai recommencé à la fin des 90, début 2000, des nouvelles publiées en recueils, auto-édition pour partager avec les connaissances, Les vies de Mona, puis Brèves de nuit. J’ai utilisé le pseudo Justine Karamidès. Ensuite, je me suis tournée vers la poésie. Deux recuils ont suivi, même chose, auto-édition. A partir du premier, Noir Abyssal, j’ai créé un spectacle, lecture publique + mise en scène + musique composée par trois copains + expo photos sur le thème du noir par des amis. Nous avons fait deux uniques représentations.
J’ai arrêté de faire la DJ depuis plusieurs années, j’aime toujours aller en concert et j’écris surtout des poésies. Je suis revenue à la nouvelle depuis cet été, à la faveur de concours. »

Extrait de « L’ascenseur abrite un vain secret » :

Je suis un ascenseur, ancienne génération, 125 kg, 7 personnes, dernier contrôle remontant à trois mois. Je grince un tantinet, tangue un peu entre le troisième et le quatrième étage. Je ne suis pas tenu au secret professionnel, d’ailleurs mes collègues sont parfois équipés de caméra. Je suis, par la force des choses, le témoin numéro un, mercredi soir, par exemple, un couple illégitime a commencé à s’échauffer. Je ne dirai rien de plus, un ascenseur ne ressent pas d’émotions. Les informations transcrites ci-dessous proviennent du recoupement de conversations entendues d’un étage à un autre.

Mercredi, 21 h 35. Des soupirs s’échappent de la cabine de l’ascenseur dont la porte s’ouvre brusquement au sous-sol, sous la poussée d’un couple enlacé qui s’étreint passionnément. Ils n’entendent pas les pas d’une adolescente qui s’approchent dans le couloir. La jeune fille, elle, s’arrête net quand lui parviennent des sons qu’elle n’a aucun mal à comprendre.
— Purée, je me demande bien qui c’est ! En attendant, je ne peux pas aller cacher mes clopes. Tant pis, je les monte, pense-t-elle, mais je vais en fumer une petite dernière avant.
Au sous-sol est toujours stationnée la cabine dont l’éclairage glisse sur le corps des amants qui se figent lorsqu’ils entendent un bruit sourd.
— On ne peut pas, ça devient dangereux, dit la femme. Remonte par l’ascenseur, l’air de rien. Je passerai par l’extérieur. Je m’arrange pendant que tu files. Allez, va !
Le jeune garçon lui donne un dernier baiser et remonte dans les étages.

Mercredi, 21 h 46. Nelly, au rez-de-chaussée, attend la cabine ; au moment d’y entrer, elle voit arriver Eva Zanetti qui la remercie et lui dit :
— Tiens encore la porte, ta mère suit !
— Ma mère, houla !
Cette dernière arrive rapidement
— Que fais-tu dehors ?
— Je suis passée chez Léa, il me manquait une feuille de cours.
— À cette heure, tu te fiches de moi ? On verra ça chez nous !
— Et toi alors ?
— Chez la Marthe, pour ses impôts, j’avais promis et je n’ai pas eu le temps de passer.

Jeudi, 7 h 45. Monsieur Dupuis croise Madame Michou devant la porte de l’ascenseur.
— Bonjour, je vais porter le journal à la maman, elle aime bien le lire en premier. Elle a ses habitudes.
— Bonjour ! Vous n’avez qu’à bien le replier, elle n’y verra goutte, lui répond celle-ci.[…]

 

Retrouvez « L’ascenseur abrite un vain secret » de Monique Kioulou dans notre recueil « Nouvelles dans l’ascenseur »

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