La nuit des Écluses de Bernard Marie Garreau éditions Envolume

La Nuit des Écluses

Bernard-Marie Garreau

En librairie le 13 novembre 2018
304 pages – Format 14X21 – Broché – couverture à rabats
Prix : 19,50 €
ISBN : 978-2-37114-065-3

Collection NOIR – Quêtes et enquêtes
dirigée par Pierre Michel Granville

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Un polar plein d’humour,
écrit par un universitaire.

L’enquête sur un double meurtre, menée par
un flic en soutane et son ami commissaire, auprès d’intellectuels de l’université, de personnages hauts en couleur du Bar des Mariniers, de bourgeoises éclairées et de prostituées parisiennes.

 

Résumé

Cette nuit-là, le père Jean est réveillé en sursaut par un appel anonyme qui lui annonce la présence d’un cadavre aux écluses de Sarveilles, derrière la faculté. Ce sont en réalité deux corps que notre flic en soutane et son ami le commissaire Marcel Durand découvrent sur le terrain vague. Une nouvelle enquête qui va mettre en scène un notaire véreux, un ancien légionnaire, une vieille prostituée extralucide, une professeur nymphomane, un étudiant bohème, une princesse russe, les phénomènes de foire du Café des Mariniers, et la liste n’est pas close… Mais qui donc a tué Gérald de Beaudricourt et Natacha Leonidov ?

Bernard-Marie Garreau a-t-il enfilé la soutane du Père Jean pour régler quelques comptes avec la faculté ou avec Claudel ? La faculté, non, répond-il, car, enseignant lui-même, il a observé avec curiosité ce moment où se sont côtoyés l’ancien et le nouveau monde universitaire après 1968, et c’est ce qu’il a voulu dépeindre avec amusement. Pour Claudel, dont il ne supporte pas l’intolérance, c’est une autre affaire… La multiplicité des univers qui voisinent dans La Nuit des écluses est précisément à elle seule une défense de la tolérance. De même qu’il joue avec le double registre de la langue
ecclésiastique et de la gouaille san-antonienne, Bernard-Marie Garreau jongle avec des strates sociales opposées qui évoluent sur la même scène : les intellectuels de l’université et les monstres du Bar des Mariniers, les bourgeoises éclairées et les prostituées parisiennes. Nous en sommes ainsi arrivés ensemble à la conclusion que toute
vérité est relative, et qu’elle ne se trouve pas forcément là où on l’attend. Quant à notre pittoresque commissaire, comme toute peine mérite salaire, il reçoit, pour avoir bouclé son enquête avec succès, une splendide Bentley GT Big Bore, la signature automobile de Bernard-Marie Garreau.

Pierre Michel Pranville

Extrait de La Nuit des Écluses

Lundi 15 décembre 1969, 3 h du matin.
Ghislaine vient de me menotter le second poignet à l’un des barreaux métalliques du lit. Malgré mes efforts, je ne peux plus lui échapper. Mes pieds aussi sont entravés. Les vaines contorsions de mon corps entièrement dénudé expriment moins la détresse que le dépit. Comment en suis-je arrivé là ?
Elle a gardé sa tenue habituelle : robe moulante en lamé, talons hauts et manteau de fourrure. Son parfum entêtant, un Chanel force 5, ajoute à ma nausée. La pièce s’étrécit. La touffeur est insupportable. Un son strident me parvient. Sans doute un dernier raffinement inventé par ma tortionnaire. Une sonnerie intermittente, insupportable elle aussi. Je me dresse d’un bond en hurlant un cri que je ne réussis pas à faire sortir de mes poumons.
– Jean ! Le téléphone !
Sophie a décroché et me tend le combiné. Je suis en nage.
– Allô !
Je n’entends d’abord qu’un souffle lointain, comme si le cauchemar reprenait son rythme tranquille et infernal. Puis me parviennent des paroles immatérielles, nées de la nuit. Comme celles de l’étrangleur de Sarveilles lorsqu’il appelait après chacun de ses crimes. Encore le coup du mouchoir pour maquiller la voix, à n’en pas douter !
Je suis bien réveillé. À des lieues maintenant de l’univers sado-onirique de cette Ghislaine qui était sortie de mon quotidien et vient à nouveau d’y pénétrer par effraction en violant l’intimité de mes rêves. Je tente de maîtriser la situation en faisant durer la conversation. Il faut au moins deux minutes avant que le standard du commissariat, auquel je suis relié depuis que je me suis transformé en policier, puisse localiser l’appel. J’essaie de temporiser !
Malgré le filtre que celui ou celle qui me parle a appliqué sur l’appareil, il me semble que c’est une voix plutôt aiguë, comme celle d’un enfant ou d’une femme.
– Oui, j’ai commis un meurtre sur la personne de Gérald de Beaudricourt, et…
– Je n’entends absolument rien de ce que vous me dites ! Parlez moins vite ! Et plus fort ! Qui êtes-vous ?
– Peu importe qui je suis ! Prenez votre voiture et rendez-vous immédiatement à la Faculté de lettres et sciences humaines de Sarveilles, et…

Je compose dans la foulée le numéro de Marcel, qui rugit en décrochant.
– Cquecestquecebordelencore ???

Lire les 50 premières pages

 

Bernard-Marie Garreau

Bernard-Marie Garreau est universitaire et écrivain. Il a publié des essais, notamment une biographie de Marguerite Audoux couronnée par le Prix de l’Essai de la Société des Gens de lettres, ainsi que des romans et des nouvelles. Après Le Diplôme d’assassin, Litanies pour des salauds (Un flic en soutane – Saison 2) poursuit cette série policière où l’humour de l’auteur, son goût pour l’écriture et son sens du récit trouvent leur plein épanouissement.

Bibliographie de Bernard-Marie Garreau
– Marguerite Audoux, la couturière des lettres, Tallandier, 1991 [Prix de l’Essai de la Société des gens de lettres 1992].
– La Famille de Marguerite Audoux, Thèse pour le doctorat, deux tomes, Presses du Septentrion, Lille, 1996 [Prix du Conseil général du Cher 1996].
– Marguerite Audoux, la famille réinventée, INDIGO & Côté-femmes éditions, 1997.
– Le Grand Queue, roman, L’Harmattan, 2002.
– Les Pages froides, roman, L’Harmattan, 2005.
– Marie-France Estève, ou Quand la vie vous fait la peau, récit biographique, EDD Strapontins, 2010.
– Claire obscure, nouvelles, e muet, Briare-le-Canal, 2013.
– Le Diplôme d’assassin, Envolume, 2016.
– Litanies pour des salauds, Envolume, 2017