Résumé

Nîmes, féria. Dans les rues de la ville la fête bat son plein. Mais une série de meurtres violents vient troubler les festivités. Plusieurs toréadors sont retrouvés morts dans des circonstances plus qu’étranges. Tout laisse penser à des mises en scènes macabres de corrida. Le commandant Déborah Pringeon, fraichement débarquée de Paris, mène l’enquête avec l’aide de son fidèle bras droit, le lieutenant Mathias Doria. Une enquête à vive allure entre corrida et militants pour la cause animale..

Extrait

Prologue – Vendredi – 22:31

Juan tente de crier mais son agresseur lui met une serviette dans la bouche. Elle a un goût de lessive. Il l’a trouvée dans un tiroir de la cuisine. Dans la bagarre, il a tout renversé sur le carrelage blanc immaculé. Maintenant il prend le temps de bien l’enfoncer, jusqu’à la glotte. Juan vomit une bile qui lui reste dans la gorge.

– Tu vas fermer ta gueule. De toute manière avec le bruit qu’il y a dehors tu peux crier autant que tu veux…

À l’extérieur la musique hurle une chanson aux accents espagnols. La foule scande des Olé à chaque coup de trompette. Dans les rues c’est la Féria. Dehors, c’est la fête. La vie. Juan panique. Ce type est entré chez lui par surprise, l’a assommé, maîtrisé sans qu’il puisse se défendre. Il se met à pleurer. Ses sanglots s’étouffent dans la serviette. Des spasmes d’angoisse secouent tout son corps.

Puis, soudain, son esprit s’échappe.

Avait-il bien fermé la porte derrière lui ? Était-ce une agression au hasard ? Il a trop bu et c’est pour cela qu’il a préféré rentrer se coucher. Car demain c’est son grand retour dans les arènes. Demain, il doit être en forme pour combattre un taureau.

Juan a du mal à respirer. Un goût de sang lui monte à la bouche. Sa situation est critique, clairement. Les mains et les pieds attachés dans le dos, il est couché sur le ventre dans une position insupportable. Un constat alarmant. Pourtant, à ce moment précis, il se demande encore s’il sera en état de combattre demain. Car il attend ce moment depuis si longtemps. Il constate avec plaisir que son épaule ne le fait pas souffrir.

Cette épaule déchirée par un taureau lors de sa dernière corrida, il y aura bientôt un an. Une blessure qui a bien failli lui coûter son bras et sa carrière! Sept mois de rééducation pour revenir. Sept mois de souffrance, de lutte et de découragement pour avoir le privilège de retrouver le sable des arènes. Il est fier de ce combat gagné contre son corps.

Un coup de pied au flanc le ramène à la réalité. L’ombre de son agresseur le surplombe.

– T’es encore là, Juan? Je ne t’ai même pas shooté et t’es complètement à la masse, mon pauvre ! Au moins tu as arrêté de pleurer. On va pouvoir passer aux choses sérieuses. De toute manière il n’y aura pas de combat pour toi. Tu n’étais pas au planning de ce soir, mais j’ai pas pu résister en te croisant… un signe du destin!

Juan ne comprend rien. Il cherche une solution pour sauver sa peau. L’ombre se déplace derrière lui, fouille dans un sac. Juan veut parler, mais ne lâche qu’un gargouillis de sang et de bile aussitôt aspiré par la serviette. Il pose alors sa tête sur le sol. Et attend que l’ombre passe dans son champ de vision. Pas longtemps. Puis il l’entend crier, avant de comprendre ce qui arrive.

– Olé!

Une douleur infâme lui transperce le dos. Un choc brutal. Une précision chirurgicale. Il roule sur le côté et, l’espace d’un éclair, voit l’ombre qui rit. Une banderille à la main. Tout est clair! Des larmes coulent le long de ses joues. Mais cette fois ce sont des larmes d’abandon. Il sait désormais qu’il ne combattra pas demain. Il n’y aura pas de demain.

Il voudrait hurler, mais à quoi bon? Puisque tout reste dans la serviette. Peu à peu, d’ailleurs, elle l’empêche de respirer ; et comme son nez se bouche lui aussi… Pleurer n’arrange rien. S’il ne meurt pas sous les coups il mourra donc étouffé.

Des mains le saisissent et le remettent sur le ventre. Une petite mare de sang se forme sur le carrelage blanc de cette cuisine, qui n’est même pas la sienne. Il attend la deuxième banderille… la voilà… Le choc est moins violent, son corps est comme anesthésié.

Juan abandonne. Il n’y a pas de lutte. Il pense à sa vie, à sa famille, ses amis. À ce combat qui n’aura jamais lieu. À sa carrière qui ne connaîtra pas de nouveau départ. Deviendra-t-il une légende? Il ne remarque même pas que l’ombre essaie de le ramener à la réalité pour le tuer en toute conscience. Juan a les yeux ouverts, il vit encore mais il n’est plus là.

Lorsque la puntilla lui sectionne la moelle épinière, Juan meurt sans s’en rendre compte

 

On en parle dans la presse

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C’est un polar, une chasse à l’homme d’un serial killer dans le milieu de la corrida. Lire la suite

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J’essaie alors de comprendre comment ces hommes et ces femmes ont subi et surmonté leur existence propre. Lire la suite

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« La Corrida » de Francis Cabrel. Lire la suite

 

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Hugues BERNARD

Comment définir Hugues Bernard en essayant de garder un semblant de fil directeur ? Le terme qui semble le plus correct serait peut-être instable, ou plus exactement en mouvement. Géographiquement parlant pour commencer, puisque notre auteur a habité dans plusieurs régions de France durant son enfance avant de se décider à partir sur les routes d’Europe et d’Afrique et de vivre dans un poids-lourd aménagé pendant plus de cinq années intenses et formatrices. Au point qu’il semble bien incapable de répondre à cette simple question : « Tu viens de quel coin, toi ? »
Le mouvement serait une sorte d’énergie, de carburant qui pousse Hugues Bernard à avancer, expérimenter et créer. Du théâtre, des romans, des polars… Hugues Bernard aime la nouveauté, expérimenter et se confronter à ce qu’il ne connaît pas, comme une nouvelle aventure à chaque fois. Sa deuxième passion est l’Art. Composer des œuvres et les exposer, suite à des études d’Art menées à Paris et à une passion pour la création artistique qui remonte à son enfance, elle aussi.
Hugues Bernard fait ses premiers pas dans le monde du travail par le biais des start-up à Paris durant la grande époque des débuts d’Internet. Rapidement il décide de tout plaquer pour partir sur les routes et enchaîne les petits boulots entre deux départs pour l’Afrique. Saisonnier, réparateur de camping-cars, jardinier… Travailler n’est qu’un moyen et ne sera jamais une fin. Puis il devient père de famille, se pose et crée un magazine écolo avec sa compagne, fidèle alliée du changement. Mais la conjoncture de la presse ne va pas épargner ce projet. Il sera ensuite chargé de communication, éducateur Montessori… Et depuis peu en possession de la capacité de chauffeur poids-lourd.
Libertaire, pro-féministe, teufeur, végétarien, traveller, écolo… Hugues Bernard aime expérimenter et vivre ses engagements. Un passionné qui n’a de limites que celles qu’il s’impose. Une seule logique, lui-même ! Chercher à le comprendre est déjà ne pas l’avoir compris. Son parcours pourrait se résumer à ces paroles de la rue Ketanou « Je ne sais pas où je vais. Oh, ça je ne l’ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois que je n’irais plus ».

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