Evlyne Léraut

Sur lecteurs.com Le 07/04/2018 à 18h16

Ouvrir « Vapeur Girl » d’Igor Quézel-Perron, c’est d’emblée se confier à la première de couverture dessinée en traits perfectionnistes par Louise Hourcade. L’invitation est belle, tant les couleurs vives encensent déjà de la littérature haut de gamme. L’écriture est un miracle à l’aube-née. Cette histoire d’un entre-monde fantastique fait la part belle à des êtres floutés en mythologique physionomie. Les descriptions magnifiées sont des poèmes à ciel ouvert. « Il construira plus qu’un ménage, il bâtira un témoignage pour le monde, une cellule d’amour si forte qu’elle rejaillira sur ses concitoyens. »Plus qu’une histoire à l’énergie magnétique, c’est une promesse d’un film au grand devenir. Les évènements se déroulent en version 3D. Le lecteur vit à 100 à l’heure, pris dans un tourbillon il franchit d’un bond ce monde parallèle où la part d’ombre cache la pureté telles les poussières sous un tapis. Le lecteur n’est pas dupe. La reine E176, machiavélique, outrancière est le versant noir. A contrario Arpée, divine est essence et volupté. Ogir le RoiDe fou d’amour pour cette dernière est de loin le personnage le moins fantasmagorique. Il partira sur ordre de la reine « C’est une recherche et un voyage initiatique, les pas trouvent avant de chercher. » Cette fable qui, sous des airs mythiques et paraboliques exprime la contemporanéité de nos plausibles fantasmes. Deux mondes s’affrontent. Ne sont-ils pas l’écho de nos contradictions ? Une dualité cornélienne en puissance ? Le lecteur est sonné, époustouflé par la qualité verbale de l’auteur dont les mots naissent de suite au bout de ses doigts. « Arpée regarde le bracelet tissé dans des lanières d’écorce d’arbre-pluie. » A contrario, Igor Quézel-Perron s’amuse et propulse tel un levier le lecteur vers des champs de lectures imprévisibles et surnaturels. Le summum est incontestablement dans cette puissance créatrice que le lecteur saisit à pleines brassées lumineuses. « Pour leur montrer qu’avec des sentiments tout simples, quelques projets, l’ouverture aux autres, la charité, on peut emmener loin le monde dans les plus belles carrières de l’humanité. » « Vapeur Girl » est original, percutant parfois, son étrangeté en fait une richesse rare. Les sublimes illustrations en pages finales de Louise Hourcade sont incontournables et un pur enchantement. Publié par les belles éditions « Envolume » « vapeur Girl » mérite le bandeau rouge d’un futur Grand Prix.

Baissiere

Sur Babelio Le 19/04/2018

Tenue en haleine pendant quelques nuits avec le plaisir d’un texte dense et bien mené, de belles images et surprises au décours d’une page , de la poésie et quelque part un peu du monde de l’enfance
Vapeur Girl se promène dans une cité idéale où le virtuel nous évoque étrangement les travers dans lesquels notre société connectée est entrain de se fourguer.
Grace au talent de Igor Quezel Perron chaque personnage en quelques traits de stylo se met à vivre et exister à part entière, nous passons de l’enchantement à l’horreur au fil des pages , jusqu’au dernier moment le lecteur surpris par le dénouement ne restera pas tranquille .