Dalida sur le divan de Joseph Agostini
En librairie le 17 janvier 2017
160 pages
Format 14X21 – Broché
Prix : 16,90€
ISBN : 978-2-37114-042-4

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Résumé

« Chaque être a le livre de sa vie. Un jour, il faut l’ouvrir et regarder dedans. Le voyage le plus merveilleux, ce n’est pas celui que l’Homme fait en allant à la Lune. C’est le voyage intérieur » dit Dalida à Denise Glaser, en 1972.
Quinze ans plus tard, elle mettait fin à ses jours en laissant un dernier mot sur sa table de chevet : « La vie m’est insupportable. Pardonnez‑moi ».
Dans cet ouvrage, le psychanalyste Joseph Agostini se penche sur la carrière et la vie de Dalida à travers la dimension inconsciente qui régit les existences humaines. Une réflexion inédite sur le destin de cette chanteuse populaire qui a toujours été captivée par les forces de l’esprit. Le premier essai psychanalytique sur Dalida.

Photographies inédites de Henri Gratadoux

La presse en parle
France 3 Corse le 10 janvier
La dépêche
Le Progrès
L’Express
Le Parisien
RTBF
Têtu
RTL
DHnet
Purpeople
Skyrock
Culture box
Very-friendly
Larep
Bien public
www.artistikrezo.com
La Croix

L’interview de Joseph Agostini sur France Bleue
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Extrait

Qu’aurait-il pensé, Freud, de la beauté indéchiffrable, du timbre de voix à la fois masculin et féminin de Iolanda Cristina Gigliotti ? Qu’aurait-il vu, lui qui consacra sa vie au décryptage de l’inconscient derrière nos paroles et nos actes les plus anodins, entre les lignes de la vie de Dalida, elle dont les chansons n’en finissent pas de dévoiler une vie à l’épreuve du manque et une soif perpétuelle d’absolu ?

« Qu’ont en commun Freud, l’inventeur de la psychanalyse et Dalida, la chanteuse italienne d’origine égyptienne ? A priori, pas grand-chose. Le premier est mort quand la deuxième n’avait que six ans, en 1939. Il a laissé derrière lui des textes devenus indispensables, pour beaucoup d’entre nous, à la compréhension de l’âme humaine. Totem et tabou, Psychopathologie de la vie quotidienne, L’avenir d’une illusion… Freud comparait souvent son travail à l’archéologie tant il s’agissait pour lui d’explorer, strate par strate, les profondeurs de l’inconscient. Dalida, elle, fut l’interprète de centaines de chansons écrites par d’autres, dont la plupart se sont inscrites dans le champ de la variété, sans aucune velléité intellectuelle. « Peut-on interpréter Bambino et se passionner pour la philosophie ? », lui demanda un beau jour Philippe Bouvard. « On peut être une chanteuse populaire et avoir envie de lire quelque chose de plus grave », lui répondit Dalida »

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Joseph AGOSTINI

Joseph Agostini est psychanalyste et dramaturge. Il exerce à la Salpêtrière en qualité de co‑thérapeute dans un psychodrame analytique individuel au sein du service de psychiatrie infanto‑juvénile du Pr Cohen et dans le cadre d’un cabinet privé. Ses pièces de théâtre sont
régulièrement jouées à Paris et en Avignon. Deux d’entre elles ont été publiées chez Alna Éditeur : Barbarie Land et Œdipe à la folie.
Dans Dalida sur le divan, il retrace la carrière et la vie de l’artiste à la lumière de
la psychanalyse.

Une tribune de Joseph Agostini sur la chanson « populaire

En ressuscitant La fête de la chanson française, une émission qu’elle avait pourtant décidé de suspendre il y a quatre ans pour des raisons obscures, France 2 remet la musique populaire au cœur de sa programmation de 2021. Daniela Lumbroso, la productrice de ce concept, sera au cœur de mon prochain roman.
 Loin d’être la caricature de l’animatrice nunuche à la voix criarde, à laquelle ses détracteurs veulent la réduire bêtement, celle-ci défend depuis plus de quinze ans, un programme exigeant , qui a le mérite de faire se réunir sur un même plateau toutes les générations de la variété française, d’Henri Salvador à Angèle, de Véronique Sanson à Vianney.
En tant que psychanalyste, auteur d’un livre à paraître intitulé Les chansons d’amour guérissent le cœur du monde, j’ai cherché à comprendre comment les chansons peuvent a elles-seules agir comme un baume sur l’esprit humain, en renouant ainsi avec les vertus des chants primitifs. L’alliage de la voix et de la musique, la prosodie et du rythme de l’instrument sont au cœur d’un processus qui n’est pas sans rappeler l’envoûtement. Quand la mélodie et les paroles s’agencent, leur mélange vient percuter l’inconscient individuel, à la manière d’une réminiscence, ce mécanisme si bien décrit par Marcel Proust selon lequel une image en ressusciterait une autre, une voix chantée viendrait convoquer tout un pan de nos expérience sensorielles, olfactives, subjectives, et serait à elle seule capable de nous ramener à un état depuis des années dans notre être. État d’enfance, écrivait René Char, quand on lui demandait ce que suscitaient en lui certaines poésies.
Aussi, il ne faut pas négliger l’importance de la variété dans nos vies. Souvent banalisées, voire méprisées, les chansons font partie de notre quotidien par le simple fait qu’elles viennent le scander à la radio, à la télévision mais aussi dans le souvenir que nous en avons à notre insu, au moment où nous nous rappelons une soirée, des vacances, un chagrin d’amour.
Amour, voilà le mot qui paraît réunir, à la façon d’un totem, ces sommes d’expériences hétéroclites, passant de l’ivresse à la dépression, de la fête à la détente. Dans La fête de la chanson française, Charles Aznavour rappelait à Daniela Lumbroso combien il avait été victime à ses débuts, de préjugés racistes, de discriminations physiques, de condescendance intellectuelle, et il ajoutait très justement: « C’est difficile d’aller parler à certaines personnes de leurs propres émotions. Ça leur fait violence. »
On ne pouvait pas être plus pertinent en matière d’analyse ! En effet, si l’on tourne tant en dérision la variété, en la ravalant à son simple aspect commercial, c’est par une sorte de pudeur, d’impossibilité de reconnaître son omniprésence curieuse au fil de nos vies. Qui n’a jamais fondu en larmes en écoutant Mistral gagnant ou Avec le temps à la radio ? Qui ne s’est pas senti amoureux et nostalgique quand il a, bien des fois à l’improviste, entendu pour la millième fois La javanaise ?
D’ailleurs, l’émotion et la plaisanterie vont souvent de paire. Si l’on observe bien nos comportements, on fait souvent preuve de dérision envers les choses et les êtres qui nous touchent trop. En psychanalyse, cela s’appelle une formation réactionnelle, c’est à dire un pare-feu que l’on place entre soi et soi, pour éviter de trop ressentir, par peur de souffrir. Quand la chanson s’arrête, au bout de trois minutes d’entichement mi-sentimental mi-honteux, on quitte cette sensation de plaisir étrange, on met les infos, on passe un coup de fil et on retrouve le chemin d’une vie profane, parfois complètement évidée de cette magie poétique.
Salvador Adamo, Dalida, Sylvie Vartan, Renaud sont pareils aux esquimaux et aux bonbons menthe de l’enfance. Rien ne vaut une ritournelle les jours de grosse fatigue et de grosse déception, quand un morceau de jazz ou de classique n’arrive pas à la cheville d’un standard de la variété.
Régressive, infantile, étonnamment génératrice d’imaginaire, la chanson transporte une époque, en réunissant à la fois la banalité de la vie et son caractère sublime, en étant familière et étrange. C’est le chevauchement de ces caractéristiques en apparence contradictoire qui crée le trouble et installe ce plaisir compulsif si particulier à l’écouter et à l’écouter encore, sans jamais se lasser.