Esquisse de Godofredo de Oliveira Neto éditions Envolume
Esquisse de Godofredo de Oliveira Neto
Parution en librairie le 20 mai 2021
136 pages – 16,90€
ISBN : 978-2-37114-091-2

Livraison gratuitement par La Poste à partir du 15 mai


Résumé

Luigi, au nom de sa famille doit récupérer l’héritage, une esquisse du peintre Bosch. Balancé entre Venise, New York et le Brésil, ses rencontres le plongent dans des lieux les plus invraisemblables ou la réalité se mêle parfois à ses hallucinations. Est-il manipulé par une branche de sa famille ? Par cet oncle mafieux finalement assassiné ou ce cousin sans scrupule ? Il partage ses doutes avec Ana Júlia et ses proches restés à Florianópolis pendant que certains disparaissent, victimes d’un étrange virus respiratoire.

(Esquisse a été traduit du brésilien par Richard Roux)

Extrait

J’ai rendez-vous avec mon cousin devant la Cathédrale Saint Patrick. C’est son idée. Pourquoi à cet endroit précisément ? Je n’en sais rien. Ça ressemble à un film policier. Il est vrai que sur le parvis, c’est impossible de se louper. Dans un café ça aurait été plus compliqué, ils se ressemblent tous. La Cathédrale, tout le monde connaît. C’est ce qu’il m’a expliqué sur WhatsApp quand j’étais encore à Rio.
J’examine les tours, j’ai lu qu’elles culminent à cent mètres de haut, je compare les portes et la rosace avec celles que j’ai vues à Venise — visitée en vitesse pour la même raison que celle qui m’a amené à New York : l’héritage.
Il y a un moment où, devant moi, Saint Patrick s’estompe, ma vision se brouille. Peut-être parce que j’ai levé la tête trop longtemps pour détailler les tours, je ne sais pas. Jérôme Bosh s’invite, comme s’il traçait les contours de l’église. Des chauves-souris indécises et hystériques entrent et sortent par le portail central. Le ciel s’assombrit, la ville s’assombrit, les immeubles alentour s’assombrissent, la cathédrale prend feu, une fleur rouge-rose dans une nuit noire. Je suis aspiré à l’intérieur, au milieu des ténèbres, du néant, de l’enfer, quelqu’un me tape dans le dos, non, je ne veux pas y aller, putain, ne me poussez pas !
Je crois que je me suis évanoui.
Je vois des visages en contre-plongée près du mien, iris aux couleurs variées, bouches, nez, je me suis toujours demandé comment rien qu’un nez, une bouche et deux yeux peuvent constituer des visages aussi différents. On m’a dit que c’était pareil avec la combinaison des mots. Là tout de suite, c’est bien le cas. Combien de figures différentes les unes des autres me regardent, là, tout de suite ? Un bras amical me soulève, on me parle portugais : ça va mieux ? Oui, merci. Cette langue me calme, jusqu’à présent, dans cette position de soumission, je n’entendais que Oh, my God. Naturellement, c’est mon cousin ! Reconnaissable à sa barbe bien taillée, à ses yeux verts, ses cheveux blonds et lisses comme ceux de ma grand-mère, l’air un peu perdu. Il me fait penser à quelqu’un du Brésil. Évidemment, toute notre famille vient de Vénétie, tu avais oublié ? Si, si, je m’en souviens : Belluno, Venise, Trente, Bergame, tout ce coin-là. Bien sûr, Sordi, je prononce son nom pour la première fois, le même que celui de l’acteur de cinéma italien des années soixante. Lui, il dit le mien : Oui, cousin Luigi. La ressemblance avec certaines personnes de mon pays me reste en travers de la gorge, j’ai des aigreurs d’estomac, pourquoi me suis-je évanoui ? Il sort son téléphone, je vois mon visage sur l’écran. Je t’ai reconnu tout de suite, dit-il.  Je déverrouille le mien, j’ai un peu de mal à me concentrer sur le clavier, finalement, Sordi apparaît, souriant, il a l’air franc comme ça, sur la photo, mais peut-on lui faire confiance ? Je l’examine, tout comme j’ai examiné les tours de la cathédrale, il baisse le regard, timide jusqu’à présent, il propose tout de suite un café dans les environs. Avant la classique poignée de mains, le jeu commence, il me prend le bras, me tape dans le dos. Est-ce que tu veux aller à l’hôpital ? Non, non, tout va bien, ça m’arrive de temps en temps, j’ai l’habitude.

On parle dans la presse de Esquisse de Godofredo de Oliveira Neto

Interview de Godofredo de Oliveira Neto sur RFI au sujet de la sortie de son livre :

Godofredo de Oliveira Neto sur RFI : Esquisse Envolume

On parle dans la presse des romans de Godofredo de oliveira Neto

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Livres : Esquisse de Godofredo de Oliveira Neto dans le Luso Jornal

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Réécouter l’émission de France Culture (L’extrait du texte à partir de 50:40)
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Coup de coeur du Figaro du jeudi 18 mars 2015…lire la suite

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« D’abord cela me fait plaisir de retrouver la France… » …écouter l’interview

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« Un livre filmique qui fait penser parfois à Almodovar… » … lire la suite

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Une longue interview de Godofredo de Oliveira Neto. Voir la vidéo

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et le célèbre chroniqueur Ancelmo Gois.

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Quelques questions à Godofredo de Oliveira Neto 

Envolume : Dans L’enfant caché, le personnage, Aimoré, sillonne les rues de Rio, mais il y a d’autres endroits du Brésil décrits dans le livre.
Godofredo Neto de Oliveira : Le personnage vit à Rio, mais connait le sud du Brésil. Ce sont deux espaces qui me sont familiers: je suis né et j’ai grandi dans la Vallée de l’Itajai, à Santa Catarina, et j’habite à Rio depuis des décennies.Tout se passe à l’époque actuelle.

E : Pourquoi ce titre « L’Enfant Caché »?
G : Aimoré peint et il a fait plusieurs copies d’un célèbre tableau de Candido Portinari  » Menino Morto ». Dans l’un de ses faux, il laisse en blanc l’espace où devrait figurer l’enfant dans les bras squelettiques de sa mère, fuyant la sécheresse du Nord-est brésilien.

E : Il y a a aussi un vide amoureux dans la vie d’Aimoré?
G : Oui. Ana Perena, son grand amour, disparaît, ce qui va aggraver sa détresse et sa folie.

E : Le personnage fracturé d’Aimoré est-il un personnage du XXI siècle ?
G : Tout à fait. J’ai voulu montrer que la fracture du sujet contemporain s’accentue actuellement avec le manque d´humanité et de tendresse. L’intérieur et l’extérieur en morceaux, comme la vie d’Aimoré, peuvent être recomposés par un peu plus de délicatesse dans les relations humaines.

GodofredoNeto

Godofredo de Oliveira Neto

Godofredo de OLIVEIRA NETO est professeur d’université, diplômé en Lettres et Hautes Études internationales de la Sorbonne. Il est professeur à l’Université fédérale de Rio de Janeiro.
Il est l’auteur de nombreux romans traduits dans plusieurs langues, dont Amores Exilados, (Amours exilées, Envolume) reconnu par la critique comme un livre important sur les exilés politiques pendant la dictature militaire au Brésil. Il est titulaire d’une chaire à l’Académie des Arts de Carioca, membre de l’Académie Européenne des Sciences, des Lettres et des Arts (Ambassadeur pour l’Amérique latine) et du Conseil d’État de la Culture de Rio de Janeiro. Il a dirigé le Département de l’enseignement supérieur du Ministère de l’Éducation du Brésil entre 2002 et 2005.
Il a notamment reçu les Médailles Euclides da Cunha de l’Académie brésilienne des Lettres, et Cruz e Sousa de l’État de Santa Catarina.

La page Wikipedia qui lui est consacrée en français
La page Wikipedia en portugais

Bibliographie : Le roman O Bruxo do Contestado, en 1996, a conduit Godofredo à figurer parmi les noms les plus importants de la littérature brésilienne. Bâti sur trois époques historiques — la guerre du Contestado, la Deuxième Guerre mondiale et la dictature militaire, il a été salué par la critique et étudié dans les universités du pays. Amores exilados, sorti un an plus tard, a pour scénario l’univers des exilés brésiliens à Paris dans les années 70, époque vécue par l’auteur lors de son long séjour dans la capitale française. Puis Marcelino, un roman très beau et très sensible dont l’histoire se situe dans les années 40. Un jeune pêcheur métis va être victime de la perfidie du gouvernement Getulio Vargas pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le roman Ana e a margem do rio, présente avec grande habilité toute la mythologie de la forêt amazonienne.
L’enfant caché, œuvre considérée comme novatrice du point de vue formel, a remporté, en 2006, l’une des statuettes du Prix Jabuti de littérature brésilienne. Godofredo de Oliveira Neto Neto a publié un recueil de nouvelles inspiré de l’écrivain majeur du 19e siècle brésilien, Machado de Assis, et  Grito, roman qui se déroule de nos jours, à Copacabana.