La promesse américaine de Samuel Corvair

La promesse américaine de Samuel Corvair

Une promesse assassine

Découvrez le nouveau polar de Samuel Corvair : La promesse américaine

280 pages
Format 140X210 – Broché – Couverture à rabats
Prix : 18,90 €
ISBN : 978-2-37114-107-0
En librairie le 14 septembre 2021
Diffusé et distribué par DILISCO

Découvrez un extrait inédit de La promesse américaine de Samuel Corvair

Samuel Corvair auteur

Samuel Corvair est né à Nérac dans le Lot-et-Garonne. Docteur en Histoire, il aime les mots, mange bio et déteste se prendre au sérieux. Musicien rock, il compose des chansons humoristiques qui n’intéressent personne. Cela étant, le monde et ses soubresauts le passionnent, depuis l’Europe, l’Afrique et l’Asie, jusqu’à bien sûr, les Etats-Unis. La promesse américaine est son deuxième roman. Diplomate, il est actuellement en poste à Boston. Ce n’est peut-être pas un hasard.

Résumé de La promesse américaine

Dag, beau gosse, fraîchement diplômé, répond à l’appel de l’Amérique. Celle-ci n’est pas ingrate : il vit avec une femme sublime, torturée mais aimante, est accueilli dans une famille idéale, enseigne à la faculté, dans l’univers fantasmé de Los Angeles. Mais c’est oublier la face noire de l’Amérique, ses codes, ses tabous, sa xénophobie, les armes. L’univers insouciant de The Graduate glisse insidieusement vers la tension cauchemardesque de Duel. La belle Joyce a un passé compliqué et le couple est traqué par un tueur qui fait le vide autour de lui. Dans ce Nouveau Monde, la promesse d’un bonheur américain s’est muée en un piège mortel.

La promesse américaine : un polar inspiré d’une histoire vraie

Quand on a vingt ans dans les années 1980, le rêve américain promet liberté d’entreprendre, réalisation de soi, grands espaces mythiques, absents dans une Europe étriquée. Quand Samuel Corvair a présenté son manuscrit, il l’a défini comme une histoire vraie qui aurait pu mal tourner. L’histoire vraie, c’est la sienne, et elle aurait pu vraiment mal tourner s’il n’y avait pas mis fin. La fiction a pris le relais avec le personnage de Dag. Il va réveiller une violence enfouie en lui pour résister au tueur qui menace son rêve. La saga romanesque trompe bien son monde et la fascination pour l’Amérique vire au noir. La promesse américaine broie ceux qui y ont cru.

Pierre Michel Pranville, directeur de la collection Noir, Quêtes et enquêtes

Interview de Samuel Corvair

La promesse américaine paraît dans une collection policière. Assumez-vous cette appartenance ?

Absolument. Dès lors que ce livre comporte des mots clé comme : meurtre(s), police, voyou, poursuite, angoisse, peur et cauchemars, mais aussi « prison » dans tous les sens du terme, j’assume cette appartenance au polar. Dans ce roman, je vois aussi deux thèmes liés l’un à l’autre : crime et châtiment. Le héros, qui est aussi le narrateur, fait le boulot de la police parce que l’enquête n’avance pas et surtout il n’a plus le choix. Victime d’un engrenage, il se transforme en justicier par la force des choses.

Pourquoi ce beau titre, qu’entendez-vous par « promesse américaine » ?

J’adore ce titre. Pour moi, c’est une métaphore du rêve américain, tel que je le percevais dans ma jeunesse. A travers la littérature, le cinéma et la musique, ce rêve a nourri mon imaginaire. Tout ce qui fait fantasmer le monde, grâce aux mythes fondateurs de la société américaine, est exprimé par ce titre. On peut aimer ou détester les États-Unis, mais en tout cas, ce pays ne laisse pas indifférent. L’Amérique se veut le lieu de tous les possibles, pour le meilleur et pour le pire. Dans mon univers, l’immigration, l’altérité, l’étranger, sont des termes qui m’ont toujours intéressé. Le rêve américain est protéiforme et se décline dans de très nombreuses versions au gré des soubresauts de l’Histoire.

Dans ces conditions, la promesse d’un nouveau monde était un terreau extraordinaire pour exprimer ce que je ressentais. Ça a commencé par ma fascination pour les Indiens d’Amérique, puis par la lecture d’un livre d’Alex Haley, quand j’avais douze ans, intitulé Racines (Roots). Ce livre m’a profondément marqué. L’obsession du personnage Kunta Kinté, devenu esclave, pour la liberté, est gravé à jamais dans mon esprit. Ensuite tout s’est enchaîné avec le skateboard, le rock et les films américains, grandes productions ou films indépendants. Aujourd’hui j’ai l’impression que cette promesse américaine traduit une prise de conscience face à ce pays héritier d’une multitude d’apports, à commencer par la Grande-Bretagne, la France et l’Espagne.

Les romans à la première personne portent souvent une dimension autobiographique.  Y-a-t-il des parts de vous-même dans la construction de votre personnage principal, Douglas, et dans son parcours ?

Oui. Au fond, c’est un roman très autobiographique : l’histoire de Douglas (Dag) est un peu la mienne. J’ai failli immigrer aux Etats-Unis par amour. Joyce, c’est le portrait romancé de ma première épouse. Warren et Chuck m’ont été inspirés par ses ex fiancés. Même les personnages de Mike et les autres colocataires sont vrais. Mes anciens « roommates » vivaient tous à Irvine, Orange County, entre Los Angeles et San Diego.

Cette part de moi-même via la relation que j’ai eue avec eux, j’avais besoin de la restituer. Lors de mon premier séjour aux Etats-Unis, entre vingt-trois et vingt-quatre ans, je tenais un journal intime. Je savais qu’un jour son contenu me servirait de matériau pour en faire un roman. Avec La promesse américaine, j’ai voulu reconstituer un parcours initiatique. Un Français choisit de vivre son destin dans un pays héritier d’une influence européenne. Les Etats-Unis ont forgé cette influence pour en créer une autre, laquelle a irrigué le monde entier.

Il y a dans ce personnage une incapacité à être heureux, est-ce pour lui une façon de s’accrocher à l’idée de promesse américaine qui, dans la réalité, est loin d’être tenue ?

Dag est en effet incapable de réaliser son rêve et, par atavisme, celui de son père. Il est rattrapé par le principe de réalité. Certes il devient américain, avec la notion de liberté inhérente à la promesse, mais celle-ci se fissure au contact d’un personnage qui incarne le diable. La violence qu’il y a dans le roman est la traduction de mon horreur pour les armes à feu. Peut-on s’en passer pour lutter contre le mal ? A sa façon, Dag répond à cette question. Son mode opératoire est différent de celui de Warren.

Le roman est une fenêtre ouverte sur l’Amérique, comment l’avez-vous représentée ?

Je l’ai représentée avec mes fantasmes d’autrefois et mon regard d’homme devenu mûr. J’ai découvert ce pays il y a longtemps. J’en ai gardé une nostalgie qui ne m’a jamais quitté, malgré d’autres longs séjours à l’étranger, notamment en Asie. Il fallait en faire quelque chose au niveau de l’écriture. Laisser une trace de cette époque, la fin des années 1980 puis de la décennie suivante, et retourner aux Etats-Unis pour comparer mes souvenirs avec l’Amérique d’aujourd’hui. D’où les dernières pages du roman.

Mes amis américains ont un regard compassionnel que je partage à l’égard de leur pays. J’aime retrouver des images, des sons et des odeurs, des comportements qui m’ont marqué autrefois, tous liés à l’identité de cette nation américaine très particulière et si proche de nous à la fois. Il y a une chose que je regrette et que je voyais déjà disparaître à la fin des années 1980 : les belles voitures américaines qu’on voit dans Columbo. Comme la DS chez nous, elles sont devenues des voitures de collection, et les marques japonaises sont encore plus présentes qu’à l’époque où je vivais en Californie.

Vous vivez actuellement aux Etats-Unis, y réalisez-vous votre propre promesse américaine ?

D’une certaine manière, oui. C’est un retour aux sources, à ma jeunesse révolue. Je vois celle-ci avec affection, un peu comme les enquêteurs de la série Cold Cases qui se retournent, une dernière fois, sur la scène d’un vieux crime pour comprendre ce qui est arrivé à la victime. J’ai toujours été obsédé par la vérité. Ce roman m’a permis de rester fidèle au jeune homme que j’ai été, mais aussi, à travers lui, à une génération devenue quinqua aujourd’hui.
Les derniers mois de 2020 à Boston, comme ceux que j’ai vécus durant l’été 1988, ont été comme un bain dans lequel je me suis plongé, avec de nouveaux repères qui, peu à peu, sont devenus évidents. Symboliquement, publier un roman qui s’appelle La promesse américaine pendant que je vis ici, c’est un vrai bonheur.