Joseph Agostini Pour unique soleil

Pour unique soleil
de Joseph Agostini

200 pages
Format 14X21 – Broché – couverture à rabats
Prix : 17,90€
ISBN : 978-2-37114-102-5
Le livre imprimé sera en librairie en mars 2021
Diffusé et distribué par DILISCO
Les versions eBook seront disponibles en février

Résumé

Cathy a une passion pour Daniela Lumbroso. Un jour, elle croise dans la rue une femme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la célèbre journaliste de télévision. Pensant qu’il s’agit d’elle, Cathy est prête à tout pour obtenir un peu d’amour de cette inconnue.
Un roman sur la fascination qu’exercent certains êtres sur nous sans le savoir. Une réflexion au sujet des ressemblances mystérieuses… Elles régissent nos existences et nous entraînent parfois dans d’étranges malentendus.

« Un roman drôle, tragique, profondément réaliste sur l’amour à sens unique et la méprise générée par l’imaginaire. »

Joseph Agostini, Ecrivain, auteur, editions Envolume

Joseph Agostini est psychologue clinicien, régulièrement invité sur RTL et chroniqueur au Huffington Post, il intervient fréquemment dans différents médias. Il traque l’inconscient à travers ses différents essais littéraires et ses pièces de théâtre. Il est l’auteur d’un premier roman : La traversée des mensonges, du premier essai psychanalytique sur Gainsbourg : Gainsbourg sur le divan, en collaboration avec Audrey Tordelli et sur la chanteuse populaire Dalida Dalida sur le divan,  de Manuel d’un psy décomplexé, de Manuel pour en finir avec la mort en collaboration avec Agnès Rouby et de Avez-vous le sens de l’amour – Sur les chemins d’une intelligence amoureuse en collaboration avec Meta Tshiteya. Il est également dramaturge, auteur de nombreuses pièces jouées à Paris et en Avignon (On peut se pendre avec sa langue, Barbarie Land, Œdipe à la folie…).
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La presse

Joseph Agostini est intervenant sur RTL et chroniqueur au Huffington Post, il intervient régulièrement sur France3.
Il a répondu à de très nombreuses interviews en télévision, radio, presse. Vous pouvez nous rejoindre sur Instagram ou Facebook pour plus d’informations.
Joseph Agostini anime une émission : Fais voir la bête ou il interview des personnalités de tous bords.
Sur RFI au sujet de son essai Avez-vous le sens de l’amour ?
Le 17 décembre sur RTL Joseph Agostini invité par Flavie Flament On est fait pour s’entendre
Une double page dans Corse matin du 19 décembre
Une interview dans Corse Net info
L’interview de Joseph Agostini sur France Bleue

France3, interview dans l’émission « Votre rendez-vous »
Manuel pour en finir avec la mort France3

RTL « On est fait pour s’entendre » le 7 novembre de 15 à 16H
Sur Arte le samedi 29 juin
Corse matin
France 3 Corse le 10 janvier
RTL – pourquoi la mort des personnalites-nous touche t’elle-autant
RTL – Couple : peut on reussir sa séparation
RTL – Fin de vie pourquoi prendre ses dispositions
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Extrait

La boule à zéro

25 septembre 1999
Rase-moi le caillou, Giovanni. Et qu’on en finisse, putain !
Et à mesure que la tondeuse passe sur son crâne, Ludivine se sent renaître. Tout à l’heure, au shampooing, elle eut un brin de remords. Elle s’apprêtait à monter sur l’échafaud et couper la tête à son double fantomatique. Mais à la minute ultime, elle aurait presque voulu reculer, retrouver son ombre, s’y fondre une bonne fois. Elle est maintenant si soulagée d’avoir tenu tête à sa dernière résistance.
– Ma comme ça va te changer ! La métamorphose ! lui affirme Giovanni, son coiffeur italien attitré, avec un accent calabrais à couper au couteau.
– J’ai pris deux jours de RTT pour faire un point. J’ai besoin d’un grand vent sous mon crâne, pas seulement dessus. Je veux changer d’image.
Giovanni acquiesce volontiers.
– Comme tu as raison, ma chérrie ! La boule à zéro, tu effaces l’historique ! Faut pas se laisser aller à rouminer dans la vie ! Y a des fois, on jette tout ! La déchetterie, j’appelle ça ! J’ai une cliente, elle a tout plaqué. Le mari, les enfants, le labradorr… Pour déménager en Afrique du Sud ! Elle vit là-bas depuis deux ans, elle est heurreuse comme tout. Elle m’a envoyé un mail l’autre jour sur mon Caramail. Tu le croiras ou non, mais elle vit avec un singe !
– Avec un singe ?
– Si ! Elle l’a appelé du prénom de son ex-beau-père ! Elle doit travailler dans une ONG sur place, elle l’élève, elle demande plus rien à personne ! Le singe, elle m’a envoyé une photo. Il est mignon comme tout. Elle me dit : « Giovanni, je rrevis ! »
– C’est un peu extrême, non ?
– Oui, je suis d’accord. Ma qu’est-ce que tu veux ? Il faut de l’extrrême de temps en temps. C’est comme une chimio ! Tu dois y aller forrt pour avoir des rrésultats. Sinon, c’est placebo, ça sert à rien ! C’est pas vrrai, Ludivine ?
Celle-ci ne peut que se rendre à l’évidence : Giovanni est beaucoup moins con qu’il en a l’air. Et sa cliente qui a tout plaqué pour l’Afrique du Sud, Ludivine ne sait pas si elle existe vraiment mais une chose est certaine : elle ne trouverait pas meilleure parabole pour illustrer son état d’esprit du moment. Faire table rase de ses souvenirs, reformater la base de données primaire… Elle regarde la tondeuse aller et venir dans le miroir, Giovanni la tenir comme il manierait un archet.
– C’est bien de garrder cinq millimètres. Tu sais qu’en Israël, les filles aussi font leur service militairrre ?
– Pardon ?
– Tu as la tête ailleurrs, Ludi.
– C’est tellement bon de penser à soi et à ceux qu’on aime. J’ai envie de m’occuper davantage de mon fils. Nino… Si tu l’entendais parler ! Il me réclame maintenant. Il voudrait me voir plus souvent.
– Je n’ai pas d’enfant, mais ma sœurr en a quatrre, et je peux te dirre qu’elle ne peut pas s’en passer. Ils sont la prounelle de ses yeux. Elle n’a pas quatrre yeux, mais bon…
Ludivine rit aux éclats. Si l’on s’en tient au nombre de prunelles, la voilà borgne. Toutefois, elle tient à garder la vue, à ne pas être aveuglée par la litanie des gens pressés, croulant sous un fardeau imaginaire. La seule chose qui existe vraiment, c’est Nino, ce petit bout d’homme né dans une noix de coco, qui n’a jamais demandé à venir au monde. Il est temps pour elle de prendre ses responsabilités, de s’affermir, enfin, au seuil de la quarantaine. Elle a un nez, deux yeux, un front vaillant, des jambes de six mètres de long. Elle a tout pour être heureuse, ne veut plus tomber dans la complainte de la serveuse automate, cette chanson de Starmania qui lui rappelle son interminable adolescence, à Chamonix, en 1980. Giovanni ne lui propose pas, comme à son habitude, les shampooings, gels coiffants, revitalisants, les préparations de teinture, les traitements capillaires particuliers. Il la laisse enfin tranquille et donne des conseils de vente à son stagiaire pour liquider les sprays en stock. Elle observe les clientes aller et venir dans ce salon, qui fait aussi soin des ongles de pied et des jambes. Toutes cherchent à s’embellir, à s’apaiser, à se retrouver sans doute. Les vieilles lui font peur quand elles se scrutent dans le miroir. Y voient-elles défiler leur existence, entre bigoudis et manucure ? Souffrent-elles en silence de s’être trop regardé et de finir figées dans la glace comme dans un tableau de maître ? Giovanni propose un café à Ludivine. Elle refuse. Un thé à la menthe ? Elle n’aime pas Lipton Yellow. Demain, elle ira à Louveciennes pour voir la maîtresse de Nino, pour lui poser des questions sur la première rentrée en maternelle de son fils. Elle s’assoira sur une petite chaise rouge en plastique, au beau milieu d’une salle de classe remplie de jouets, de pâtes à modeler et de gribouillages. Elle restera là le temps qu’il faudra. Elle coupera son téléphone, oubliera son agenda au bureau. Nino la reconnaîtra-t-il avec son nouveau look, plus proche de Sinéad O’Connor que de Lara Fabian ? Il devra s’y faire à son tour, comprendre qu’elle en a fini avec une certaine idée d’elle-même. A trois ans, elle gage qu’il ne se souviendra même plus de sa première maman, aux cheveux auburn tombant sur ses épaules.
– Je suis sur le point d’accomplir une révolution intérieure, Giovanni. J’ai un peu peur.
– Ecoute, je vais te parler frranchement : je te trouve de plus en plus belle. Il y a combien d’années que tu viens au salon ?
– Je ne sais pas. Depuis que je me suis installée rue de Chazelles peut-être. Cinq ans ?
– Cinq ans déjà. Mamma mia ! Que le temps passe, ma bichette ! Crois-moi ou non mais tu as bien vieilli. Je t’ai toujours connue auburrn, non ?
– Je ne suis plus blonde depuis 93.
– Tu as une mémoirre des dates, toi ! Tu m’épates à chaque fois ! Rrasée comme ça, tu me fais penser à quelqu’un !
– À qui ?
– À Zidane ! Non, je déconne.
Ludivine sort de chez son coiffeur à dix-sept heures tout rond. Elle remonte doucement le Boulevard de Courcelles à pied, dans une gabardine noire, regarde si les gens la regardent, si ce crâne mis à nu n’épouvante personne. Elle ne remarque rien. Chacun vaque à ses occupations en feignant peut-être l’indifférence…

Les pécédents titres de Joseph Agostini

La traversée des mensonges de Joseph Agostini

Manuel d'un psy décomplexé de Joseph Agostini ilustré par Jean-Luc de Antoni

Dalida sur le divan de Joseph Agostini Editions Envolume

Gainsbourg sur le divan de Joseph Agostini Editions Envolume

Interview de Nicole Mari le Jeudi 2 Janvier 2020 sur Corse Net info

Joseph Agostini : « Quand on crée, on s’avoue »

Psychologue, psychanalyste, mais aussi dramaturge et chroniqueur radio, Joseph Agostini fait paraître, le 9 janvier, aux éditions En volume, son premier roman sur la Corse, intitulé « La traversée des mensonges ». L’action, qui se situe entre le continent et l’île sur un bateau, met en scène la famille Santini, archétype de la famille corse dont Joseph Agostini propose une analyse sans concession. Rencontre.

– Joseph Agostini, de quoi parle votre premier roman ?
– Tout commence à la mort de Claude Santini, le personnage phare du roman. Ses enfants se disent des vérités qu’ils n’auraient jamais osé se dire si leur père n’était pas mort. Un règlement de compte a lieu sur le bateau. Entre le toubib psychorigide et l’avocat nationaliste, entre la sœur mariée à une femme arabe aveugle et le fils schizophrène, c’est la famille qui se retrouve, pour le meilleur et pour le pire.

– Pourquoi avez-vous choisi une famille corse ? En quoi est-elle différente d’une autre ?
– Il y a des familles qui ont la Méditerranée dans le sang. C’est l’aspect sanguin, volcanique des discussions de fin de repas, la folie de parler fort, de ne pas se ménager. La Corse est brûlante en la matière. Et puis, il y a un aspect mutique, un silence presque morbide, à certains moments. Nous avons les deux sur l’île. Nous sommes dans ces paradoxes.

– Votre famille est-elle proche de celle que vous décrivez dans le roman ?
– Oui, c’est un jeu de miroirs. Je ne raconte pas une seule histoire vraie, mais toutes semblent s’agencer à la manière d’un puzzle très semblable à ma famille réelle. Les histoires, on peut les déconstruire, les détisser, mais garder leur essence. Alors, c’est l’essence de ma famille qui est dans ce roman, au-delà des intrigues qui sont différentes, par respect envers les gens que j’aime.

– Il y a une vraie réflexion sur la politique, la société corse, dans certains dialogues. Pourquoi ?
– J’ai beaucoup de dérision quand j’aborde les questions politiques, car qui dit politique, dit forcément démagogie et coup bas. On s’étonne encore que les idéalismes tombent en miettes ! Mais il n’y a pas une seule idée politique qui n’ait pas déçu depuis le début du monde ! Je dirais que la politique est faite pour décevoir. A l’image de notre humanité boiteuse, imparfaite, plaintive…

– Joseph Agostini, avez-vous été beaucoup déçu tout au long de votre carrière de psychanalyste et d’auteur ?
– Enormément ! Et pas par les gens auxquels je m’attendais. Quand j’étais journaliste, j’ai soutenu beaucoup d’artistes en leur faisant des papiers alors qu’ils n’avaient aucune exposition médiatique. Très peu m’ont renvoyé l’ascenseur. Mes interventions sur RTL, à la télévision et au Huffington Post, je ne les dois qu’à moi-même. Alors, oui, je suis déçu par ces gens qui, ensuite, tiennent des discours soi-disant honnêtes et vertueux alors que leurs comportements génèrent précisément la colère et le ressentiment. Tout part de là dans la vie, en matière d’hypocrisie sociale.

– La psychanalyse et la création sont complémentaires dans votre parcours. La psychanalyse n’est-elle parfois antinomique avec la création, ne l’étouffe-t-elle pas ?
– Je crois qu’on peut avoir les deux. S’analyser soi-même et créer. Ce n’est pas incompatible. Ça l’est quand on ne se donne pas à fond dans la création, quand on triche, quand on mime la créativité. Beaucoup de psys se posent comme sachant, mais ne donnent rien d’eux-mêmes. Quand on crée, on s’avoue. Et c’est une prise de risque.

– Vous dédiez ce premier roman à votre père. Pourquoi ?
– Il est mort l’an dernier. Ce roman, c’est comme un enfant. Il m’a permis de sortir du deuil. L’écriture matérialise les êtres disparus. Elle leur donne peut-être un habitat dans nos mémoires.