tueurs en série sur le divan de Jean-Benoit Dumoteix et Joseph Agostini éditions envolume
164 pages
Format 14X21 – Broché
Prix : 15,90€
ISBN : 978-2-37114-101-8
En librairie le 11 mai 2021

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Résumé

La perversion des tueurs en série confine parfois au raffinement de la cruauté. Comment ces êtres humains, autrefois enfants et eux-mêmes victimes d’adultes négligents ou malfaisants, ont-ils pu sombrer dans une telle abomination ? Que révèle le tueur en série du malaise de nos sociétés ? Deux psychanalystes tentent de retracer les itinéraires du crime de ceux que l’on qualifie de «monstres». À travers rencontres, témoignages et réflexions personnelles, ils sont partis à la rencontre de leur perversion.
Loin d’employer un vocabulaire hermétique, ils s’adressent à tous les lecteurs dans un style accessible.

La presse parle de Tueurs en série sur le divan des éditions Envolume

Prestaplume (Nathalie Gendreau Tourbier)
Journal des femmes
Livre addict
France Net Infos
Huffingtonpost.fr/
Babelio
La rubrique d’Olivia
sortiz.com
France 3 Corse le 10 janvier
La dépêche
Le Progrès
L’Express
Le Parisien
RTBF
Têtu
RTL
DHnet
Purpeople
Skyrock
Culture box
Very-friendly
Larep
Bien public
www.artistikrezo.com
La Croix
France Bleu

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Interview de Joseph Agostini

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de racolage ?

Je dis juste qu’on peut être drôle et pointu, pertinent et populaire. Pourquoi choisir ? Les concepts psychanalytiques ne nous amènent pas à une complexité intellectuelle, mais au contraire, à une approche du réel le plus simple, le plus radical. Je les compare souvent à des épures, à des poèmes japonais. En ce qui me concerne, j’ai voulu donner des clés d’accès à un univers souvent vu comme hermétique à tort. Les psychanalystes sont des clowns ! Des clowns du langage ! Ils s’amusent avec, le tordent dans tous les sens pour extraire son essence, sa magie. Lacan et Freud nous l’ont dit bien avant moi.

On peut donc être sérieux sans se prendre au sérieux ?

Pourquoi avoir une morgue, une arrogance quand on parle de choses graves ? Mes inspirateurs dans ce métier sont d’une humilité extrême. Les plus habiles cliniciens savent qu’ils ne savent pas. En cela, ils donnent beaucoup d’eux-mêmes à leurs patients, viennent les convoquer dans leur véritable subjectivité. Les donneurs de leçons, qui s’érigent en maîtres et ne pratiquent ni plus ni moins que du clientélisme intellectuel, discréditent le métier et le rabaissent à une querelle d’égos. Un comble pour des psychanalystes, quand on sait que nous travaillons précisément avec la dimension imaginaire des ambitions du Moi !

Comment voyez-vous la psychanalyse dans dix ou quinze ans ?

Nous devons nous remettre en question, savoir transmettre, vulgariser notre savoir. Les thérapies comportementales et cognitives prennent le pas sur la psychanalyse, car elles décomplexifient le monde dont elles parlent. La psychanalyse peut aussi avoir cette vocation tout en gardant sa profondeur, sa substance. L’écriture est une question de charme, elle doit venir séduire pour ensuite véhiculer sa puissance, ses enjeux véritables. Si l’ennui règne, rien n’est possible.

Interview de Jean-Benoît Dumonteix

A l’occasion de la sortie de l’essai psychanalytique Tueurs en série sur le divan paru chez Envolume, nous avons rencontré Jean-Benoît Dumonteix, psychologue et coauteur de l’ouvrage.

Tout d’abord, pourquoi avez-vous choisi d’écrire cet essai sur les tueurs en série ?

J’avoue que l’idée vient de Joseph Agostini, avec qui nous avons coécrit ce livre. Il nourrissait l’idée depuis longtemps et lorsqu’il me l’a proposé j’ai naturellement accepté. J’ai vu cela comme un défi, car ça n’était absolument pas mon domaine de recherche. Et j’ai adoré découvrir tant de choses à travers nos 4 tueurs en série !

Est-ce que vous rencontrez des tueurs en série dans votre pratique de psychologue ?

(rires) Non, je n’en compte pas parmi mes patients. Ou alors je ne le sais pas !
Sérieusement, les tueurs en série ne fréquentent pas les psy, en tout cas pas de leur propre initiative. La perversion s’accorde mal avec le travail psychanalytique, qui demande d’aller au bout de sa propre vérité. Le pervers n’a que faire de la vérité, sa jouissance est ailleurs, notamment dans la souffrance de l’autre, qu’il considère comme un objet.

Comment passe-t-on de l’addiction sexuelle aux tueurs en série ?

Bonne question ! Je me la suis posée aussi, et la seule chose que j’ai trouvée, c’est que j’ai un amour inconsidéré pour les monstres de notre société. L’addict sexuel fascine et repousse, tout comme le tueur en série. Et puis il y a un côté sériel aussi chez l’addict, qui consomme l’autre mais sans le tuer, évidemment. Finalement, dans les mécanismes inconscients, il y a des choses communes entre ces deux thématiques. C’est assez drôle d’ailleurs, car mon livre sur les sex addicts est paru un 10 mai (2012) et celui-ci paraitra le 11 mai !

Votre livre est tout à fait lisible et très différent d’ouvrages de psychanalyse, était-ce un choix ?

Absolument. C’est d’abord une ligne éditoriale dans la collection « sur le divan » des éditions Envolume, dirigées par François Sirot. Il ne souhaite pas vulgariser, mais il souhaite rendre une certaine forme de pensée accessible à tous.
Ensuite, avec Joseph, nous avons la même pratique de la psychanalyse. On déteste jargonner, on préfère dire les choses simplement et être entendu de la plupart des gens. Nous nous sommes donné comme consigne de toujours rester lisible, compréhensible… et aussi de s’amuser en écrivant. J’espère que ces aspects seront perçus par les lecteurs.

Vous parlez beaucoup de perversion dans ce livre, est-ce que vous pourriez en donner une définition pour nos lect.eurs/.rices ?

Alors… Je dirais que la perversion, c’est connaître la limite de la loi et passer son temps à jouer avec. C’est passer de l’autre côté de la ligne rouge dès que l’autre a le dos tourné, puis prétendre qu’on ne l’a pas fait. Et c’est aussi jouir terriblement de la souffrance que l’on peut infliger à l’autre. On le voit très bien dans tous ces crimes atroces que nous détaillons : les tueurs en série jouissent de voir la peur et la souffrance dans les yeux de leurs victimes. Ils jouissent de l’emprise totale qu’ils ont à ce moment-là. Ils se sentent comme des superhéros avec le superpouvoir de donner la mort.

Une dernière question : votre livre est très documenté, on y trouve des informations inédites, comment avez-vous procédé pour obtenir tout cela ?

Là aussi, c’était un désir commun avec Joseph et avec l’éditeur. Nous ne souhaitions pas un énième livre sur des faits divers. Nous voulions soutenir une pensée inédite et aussi recueillir des paroles ou des documents inédits. Par exemple, j’ai pu interroger l’avocate d’un des tueurs en série du livre et ce qu’elle m’a livré est fascinant.

Sommaire
Tueurs en série sur le divan des éditions Envolume

Michel Fourniret : négatif de l’humanité
L’Immaculée Conception et la pourriture achevée
De la passion pour la Vierge Marie à la chasse aux vierges
Le plaisir de tuer
L’inventaire

Marcel Petiot, ou la psychose paranoïaque en temps de guerre
Quand on est un monstre, cela commence tôt
Une vie de Marcel
Accès aux fonctions symboliques
Docteur Eugène et sa filière argentine
Le procès délirant
Dernières hypothèses

Guy Georges, le chien à la gorge
L’enfant de personne
Sur le fil du rasoir
Faire souffrir
De qui Guy Georges est-il le nom ?

Thierry Paulin et Jean-Thierry Mathurin
CHASSÉ DU PARADIS
La non-place
AGIR AU LIEU DE DIRE
Première attaque
Toxicomanies
Prendre forme
Tueurs de vielles dames
La rencontre avec Mathurin
Le double spéculaire
Jouir du crime
Cacher le visage
Triste fin
Thérapie

La perversion
La perversion est donc le négatif de la névrose, disait Freud ?

Interview de Joseph Agostini et jean-Benoît Dumonteix

La perversion est donc le négatif de la névrose, disait Freud ?

Jean-Benoît Dumonteix : Oui, la perversion semblerait ne faire partie ni du champ de la névrose ni de celui de la psychose, même si d’aucuns pensent qu’il y a des traits communs à la perversion et à la psychose. Freud, lorsqu’il a écrit Névrose, psychose et perversion, paraissait ne pas savoir si la perversion se situait à l’intersection des deux ou si c’était un champ différent. Par la suite, cette zone grise entre les névroses et les psychoses a été nommée les états limites.
La perversion serait le négatif de la névrose dans le sens de la photographie : on y voit les couleurs à l’envers. En effet, le pervers cherche à « la faire à l’envers ». Mais « la perversion » est un terme trop large.
Joseph Agostini : C’est un négatif car la névrose est d’abord une défense mise en place par la psyché humaine contre la perversion, selon Freud. En effet, l’enfant pervers polymorphe n’a pas encore intégré les règles morales et éthiques qui lui permettront, une fois adultes, de respecter l’intégrité de l’autre, tant sur un plan physique que psychique. Ainsi, la perversion est le négatif de la névrose, tout simplement car elle est une sorte de temps transitoire dans le développement psychoaffectif du sujet, avant l’émergence de sa personnalité mature… à moins d’une fixation ou d’une régression.

Pourquoi le procès est-il si important dans le processus de guérison ?

Joseph Agostini : La victime du pervers a, pour ainsi dire, été amenée à son insu dans un monde régi par une loi aberrante, la sacrifiant sur l’autel d’une toute-puissance. Il est donc primordial que la société rétablisse un ordre dans ce chaos par le biais d’un procès.
Jean-Benoît Dumonteix : La loi des hommes remplace ainsi la loi du pervers. Elle est là pour réhumaniser les victimes et leur famille. L’acte du criminel doit être payant, car c’est dans ce paiement qu’une transaction symbolique s’opère : la victime est reconnue par le groupe des hommes et le pervers est coupable, exposé devant le groupe des hommes. C’est une justice, une justesse des places, qui s’impose alors. C’est extrêmement important.

Que nous enseigne la perversion sur le fonctionnement de notre société ?

Jean-Benoît Dumonteix : Je suis plutôt pessimiste… On est dans une société où la perversion devient de plus en plus présente, où la loi n’est plus vraiment un système de référence. Il y a une sorte d’incitation permanente au contournement et, plus grave, au plaisir que cela peut susciter lorsqu’on a réussi à subvertir l’autorité, la renverser. La virtualité des relations, de plus en plus présente, n’améliore pas la situation.
Joseph Agostini : La perversion à la petite semaine est quand même un ticket d’entrée dans de nombreux domaines de la vie professionnelle ! Il est fort à parier qu’un névrosé empêtré dans ses empêchements se fasse symboliquement liquider à certains instants critiques, où la raison est celle du plus fort. Ainsi, le grand pervers est l’épouvantail de nos sociétés modernes, mais le petit est un modèle pour tous.

Peut-on imaginer une société sans perversion ?

Jean-Benoît Dumonteix : Il y a, dans toute organisation humaine, des êtres plus avides que les autres en matière de transgression. La perversion est inhérente à la groupalité car cette dernière comporte des interdits à dépasser. Peut-on parler d’une perversion qui serait « symboligène », c’est-à-dire porteuse de symbole, constructrice ?
Joseph Agostini : Je crois qu’il y a une frontière ténue entre l’audace et le crime, entre la créativité et le machiavélisme. De la même manière que le narcissisme peut être du côté de la vie et de l’inventivité, la transgression n’a pas toujours un parfum meurtrier. C’est peut-être toute la difficulté de l’homme en société : avancer, contester, dépasser sans démolir l’autre, sans l’instrumentaliser à des fins égoïstes.

Un livre écrit à quatre mains

Joseph AGOSTINI

Joseph Agostini, auteur aux éditions Envolume est psychologue clinicien, Psychanalyste, chroniqueur au Huffingtonpost, il intervient dans nombre de grands médias dont RTL. Il traque l’inconscient à travers ses différents essais littéraires dans la collection Sur le divan : Dalida sur le divan, Manuel d’un psy décomplexé, Manuel pour en finir avec la mort en collaboration avec Agnès Rouby, Gainsbourg sur le divan en collaboration avec Audrey Tordelli, Avez-vous le sens de l’amour – Pour une intelligence amoureuse en collaboration avec Meta Tshiteya, Tueurs en série sur le divan en collaboration avec Jean-Benoît Dumonteix et de deux romans : La traversée des mensonges et Pour unique soleil.

Jean Benoit Dumonteix éditions Envolume AUteur

Jean-Benoît Dumonteix

Jean-Benoît Dumonteix auteurs aux éditions Envolume est psychologue clinicien et psychanalyste. Il est le co-auteur du document Les Sex Addicts (2012, Hors Collection) et l’auteur du roman Retrouver Gabrielle (2018, Editions Fauves / Michalon) et co-auteur de Tueurs en série sur le divan en collaboration avec Joseph Agostini. Il vit et travaille à Paris, mais part souvent en vacances ailleurs, notamment pour écrire.